Le financement sur les marchés pour les nuls

Ou “Comment né une crise de la dette et comment pourrait-on la garder sous contrôle ?”

Depuis environ un an, l’euro est en crise, et cette crise est alimentée par des crises différentes en natures dans les pays de la zone euro (Grèce, Irlande, Portugal, …), mais qui ont une même caractéristique: ces crises sont liées à la dette des états. Nous allons présenter ici les éléments qui conduisent à ces crises par un non-économiste, pour des non-économistes. L’exactitude des termes et détails n’est pas  garantit, mais l’idée générale est la bonne.

Le Financement des Etats sur les marchés

Les états ont deux sources de revenus: l’imposition (c’est-à-dire les taxes, les impôts, …)  et les obligations. Le deuxième est le plus important. Dans la pratique, les états dépensent bien plus que  ce que ne leur rapporte l’imposition. Quand un état à besoin d’argent, il emprunte et rembourse son emprunt petit à petit avec des intérêts. Cela se passe exactement comme lorsqu’un citoyen contracte un emprunt à la banque pour acheter une maison. La banque lui donne un gros chèque et l’individu rembourse, avec des intérêts, petit à petit sur 15, 20, 30 ans.

Pour un individu, l’emprunt sera un jour complétement remboursé ; pour un état, les grosses dépenses sont constantes (comme ci un individu achetait tout le temps des maisons); en conséquence, à mesure qu’il rembourse, il continu d’emprunter. C’est un peu le principe du credit revolving. Ce type de crédit est souvent peu favorable et peu recommandé pour les individus. Pour les états, les investisseurs ont une grande confiance dans la capacité des états à rembourser (ou d’un autre point de vue à continuer d’emprunter); ils savent que l’emprunteur pourra continuer à payer ses mensualités.

Pour financer ses projets, un états va donc contracter un emprunt A et payer les mensualités de cet emprunt grâce à un emprunt B qu’il remboursera avec un emprunt C, … et ainsi de suite. Si tout va bien, l’économie de l’état en question grandit (c’est la fameuse “croissance”) et il devient de plus en plus simple pour l’état de payer les mensualités – ce qu’on appelle le service de la dette.

Quand le service devient trop difficile

Dans les cas où les choses se passe mal, le service de la dette va prendre au contraire une part importante du budget de l’état en question. Cela veut dire que payer les mensualités de l’emprunt représente l’essentiel des dépenses.

Dans pareil cas, les marchés financiers s’inquiètent et sont moins enthousiastes à l’idée de prêter à nouveau de l’argent à l’état en difficulté– comme un banquier qui sera moins pressé de vous prêter de l’argent si vous avez déjà du mal à rembourser un ancien emprunt. Les marchés prêtent alors moins d’argent, à des taux d’intérêts plus élevés, voire même refusent tout simplement de consentir à ces prêts.

C’est alors un cercle vicieux pour l’état en difficultés qui doivent trouver d’autres sources de revenue : généralement augmenter les impots, le Fond Monétaire International ou leur propre banque centrale en dévaluant leur monnaie (chose impossible pour les pays de la zone euro).

C’est le moment où l’état appelle à l’aide. C’est la crise de la dette.

Peut-on éviter cette situation ?

Il existe, sur le papier un moyen simple d’alléger le service de la dette: son rééchelonnement. En pratique, l’état va rembourser la même somme d’argent au total, mais avec des mensualités moins importantes mais plus nombreuses.

Exemple: Si je dois rembourser 100 euros en 10 mois, je vais rembourser 10 euros par mois.

Mais si mes économies ne me permettent pas de débourser 10 euros tous les mois pour rembourser mes dettes, je préfèrerais rembourser ces 100 euros en 16 mensualités de 6.25€. Le service de ma dette est moins important et je rembourse l’esprit tranquille.

Pourquoi pas ?

Pourquoi la Grèce, l’Irlande, et d’autres pays ne font pas cela ? Pourquoi ne pas troquer les obligations Grecques à 10 ans contre des obligations à 15 ans avec un service plus facile à supporter par l’état Grec ?

Parce que cet échange de dette n’est pas vraiment un échange standard. D’abord les investisseurs vont difficilement accepter d’avoir un chèque moins important tous les mois (même s’ils recevront plus de chèques). L’opération d’échange en elle-même n’est pas anodine et coûte de l’argent.

Un tel échange nécessiterait d’ailleurs d’y ajouter un petit bonus pour convaincre les détenteurs des anciennes obligations de faire l’échange ; chose difficile à promettre quand on est déjà en difficulté financière.

Et surtout, si une telle offre d’échange devait être faite, cela pourrait créer des mouvements imprévisibles sur les marchés : les obligations en questions pourraient voir leur prix grimper, rendant impossible leur rachat/échange, … Les marchés financiers sont hautement chaotique et imprévisible.

Ainsi, si les marchés financiers étaient plus raisonnables et pouvaient accepter un gentleman agreement les crises de la dette pourraient non pas être éviter, mais au moins rester sous contrôles. Mais bien sur, c’est toujours un peu plus compliqués que ce que l’on peut présenter sur un bout de papier

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