L’Europe s’accroche au FMI

Avec la démission de D. Strauss-Khan de la direction du Fond Monétaire International, la recherche d’un successeur est lancée.

La tradition est que la direction du FMI revienne à un Européen tandis que la Banque Mondiale est sous l’autorité d’un Américain. Mais bien sûr, cette tradition a vieilli et les économies émergentes (Brésil, Indes, Chines, Turquie, …) souhaiteraient que leur point de vue soit un peu plus représentés auprès des institutions financière internationales, et verraient bien un des leurs pour remplacer DSK.

L’Union Européenne s’empresse déjà d’avancer des noms et de faire savoir que c’est un Européen qui devrait continuer le travail du FMI. On propose même de remplacer DSK par C. Lagarde que ses collègues Européens apprécient et qui est bien vue des Américains.

C’est vrai que l’Europe et le FMI ont été amenés depuis un peu plus d’un an à travailler ensemble sur les dossiers Grecques, Irlandais et Portugais – à cet égard, l’UE a tout intérêt à placer à la tête du FMI une personne qui regardera les problèmes de la zone euro avec bienveillance. DSK avait été l’architecte des plans de sauvetages déployés depuis l’année dernière et avait su convaincre l’Allemagne de leur nécessité. Si le nouveau directeur du FMI devait être moins bienveillant envers les pays endettés, les maigres progrès obtenus pour la Grèce, l’Irlande, le Portugal, pourraient être réduit à néants.

Cependant, cet acharnement à se maintenir à la tête du FMI rélève de la part de l’UE deux points critiques :

  • D’abord que l’Europe se cramponne à un système US/UE qui est dépassé (ou le sera bientôt) et refuse aux pays émergents leur place à la table du jeux. Cette mise à l’écart pourrait un jour se retourner contre nous.
  • Ensuite, l’UE reste incapable de mettre en place sa propre structure de stabilisation financière. Il avait été question l’année dernière de créer un Fond Monétaire Européen, finalement, c’est le Fonds Européen de Stabilité Financière (FESF) qui est prévu et sera mis en place en 2013. Mais son efficacité ne fait pas l’unanimité. Les états membres sont de toute façon de plus en plus divisés sur la solidarité à apporter aux pays en difficultés (N’est-ce pas Angela ?).
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En bref, l’Europe qui a largement profité du FMI sous la présidence de DSK souhaite ne pas perdre un tel allié car si le FMI été dirigé par un non-Européen, il est fort probable que l’UE doivent se résoudre à se débrouiller toute seule – pas qu’elle n’en ait pas la capacité, mais la volonté politique manque et l’idée même d’ouvrir ce débat effraie.
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