Parlons d’Europe

En un sens, Nicolas Sarkozy a bien fait de parler de l’Union Européenne le weekend dernier… Depuis lundi, le sujet apparait plus souvent et de façon plus construite dans les médias, etc. Bref, les projecteurs se sont enfin tournés sur l’UE et c’est tant mieux.

Par contre la teneur du discour du président/candidat est complètement à coté de la plaque: mettre la France en opposition avec l’Union est la dernière des imbécilités. La France fait partie intégrante de l’Union, il faut penser à la France dans l’Europe, la France et l’Europe; pas la France contre l’Europe.


L’UE, paillasson de la campagne présidentielle

La démonstration n’est plus à faire : l’union européenne est définitivement le paillasson de la campagne présidentielle en France.

Les candidats multiplient les déclarations hostiles à l’Union, ou tout du moins à caractère euro-sceptique. Entre Nicolas Sarkozy qui propose de retirer unilatéralement la France de l’espace Schengen si l’Union n’accepte pas que la politique migratoire passe sous le contrôle politique du conseil, ou François Hollande qui souhaite renégocier un traité signé et en cours de ratification, sans parler de Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélanchon.

En bref, l’Europe est à la fois alliée et ennemie, sujet de ralliement et élément de débat par excellence. Cela est possible à cause, premièrement de la mauvaise connaissance de l’Union par le grand public et l’absence de contradicteur dans le débat qui viendrait rappeler clairement ce que fais l’Union pour les citoyens.

Il est normal que les acteurs de la politique extérieure à la France s’expriment sur les propositions des candidats [*], il le serait tout autant que l’Union elle même, à travers le Parlement et la Commission, aient une voix dans le débat.


Comme des moutons…

Pour apporter de l’eau au moulin de commentaires politiques qui tapent si fort sur la viande Halal que ça en fait du steak haché, je m’en vais vous conter mon expérience personelle [*,*,*].

En effet, à l’image du récit que fait aujourd’hui Le Monde[*], la boucherie de proximité où je vais faire mes emplettes carnées a récemment été reprise par un nouveau propriétaire de confession musulmane, ou qui du moins cible cette population ; bref, ma boucherie est maintenant halal.

Pour faire court, je m’en tamponne bien et cela n’a rien changé à ma vie. Certes, il est un peu moins facile de se procurer les lardons nécessaires à l’élaboration de mon fameux risotto champêtre, mais ca ne va pas me traumatiser, surtout tant que je n’ai pas à traverser la moitié du département pour en trouver. Le service y est toujours aussi agréable, les prix n’ont pas bougés de façon significative, en bref, c’est du pareil au même.

Je trouve d’ailleurs navrant que l’on discute autant du caractère halal (ou casher) ou pas des viandes, mais beaucoup moins de ce qu’on donne à manger aux vaches, alors que l’hypothèse de réintroduire les farines animales dans leur alimentation a récemment été évoquée. [*,*]


Le referendum, un outil démocratique délicat.

N. Sarkozy, candidats à la réélection, a récemment proposé de soumettre des problématiques comme l’indemnisation des chômeurs ou l’immigration au vote des citoyens – tout en refusant l’idée de traiter le pacte fiscal européen sous le même régime [*,*,*].

Cette question du référendum est délicate: en effet, rien ne s’oppose à la participation active des citoyens à travers un référendum et nul ne peut s’offusquer que les grandes questions de sociétés soient ainsi résolu. Cependant, la puissance du réferendum implique un maniement délicat.

D’abord parce qu’il ne s’agirait pas de simplement court-circuiter le processus parlementaire normal, mais bien de donner mandat, au nom des citoyens, aux parlementaires pour mettre en place une décision.

De plus, les référendums posent des questions simples, souvent à un problème très complexe. Comme pour les sondages, les questions peuvent être tournée d’une façon déroutante ou avec des sous-entendu qui en modifierait la perception. De même, le résultat du référendum, dans sa simplicité, pourrait être utilisé par le gouvernement comme un mandat pour de profonde réforme, sans qu’elles soient explicitement mentionnées dans la question posée.

Enfin, l’expression démocratique dans le référendum, si elle doit être interrogé régulièrement, devrait s’accompagnait d’un profond changement du rythme politique, avec par exemples, deux référendum par ans, à dates fixes, déterminant ainsi les saisons politiques. De même, il serait important d’inciter le citoyen à s’exprimer, voire même faire du vote un devoir (comme c’est le cas en Belgique); afin que les réponses soient vraiment l’expression du peuple.


2012, année d’élection: Conseil Européen

2012 est une année d’élection pour le Conseil Européen. Pas que le président permanent Herman Von Rompuy, dont le mandat atteindra son terme en Juillet, sera remplacé par un homme choisit par les urnes, mais plus simplement, les citoyens français vont élire leur représentant au Conseil Européen, autrement connu sous le nom de Président de la République.

En effet, parmi tous les candidats à la présidentielle qui se concentreront sur un programme national – normal pour un mandat d’abord national – les électeurs choisiront la voix de leur pays au Conseil qui prendra des décisions affectant tous les citoyens européens.

C’est l’occasion de rappeler le paradoxe du Conseil Européen qui rassemble des dirigeants élus sur des mandats nationaux pour prendre des décisions commune et dans l’intérêt de tous.


Emballement présidentiel

Les médias français adorent la campagne présidentielle, peut être même un peu trop: LeMonde.fr vient en effet d’utiliser son système d’alerte via application iPhone pour communiquer une actualité brulante:

Utilisation des nouvelles technologies de l’information instantanée complètement abusive et inutile car non seulement ce n’est pas une surprise, mais nous le savions déjà depuis des jours.

Le Monde n’est pas le seul concerné, car les autres journaux français, notamment par le biais de leur compte twitter ont alerté les citoyens de cette annonce innattendue.


2012: le poids des primo-votants

Dans la perspective des élections présidentielles de 2012 (en France), regardons un peu des chiffres. En l’occurrence, regardons les chiffres de la natalité en France il y a tout juste 18ans.

En 1993, 711 600 enfants sont nés en France[source via wikipedia]. Ce chiffre ne correspond pas exactement le nombre de citoyens qui recevront pour la première fois une carte d’électeur et iront aux urnes pour la première fois lors des élections présidentielles de l’année prochaine ; mais l’on peut supposer que c’est un bon ordre de grandeur.

711 600 votants, à comparer aux 37 millions de votants lors des élections de 2007 [source via wikipedia] ; soit juste en dessous de 2% du nombre de votants. Pas de quoi changer le résultat d’une élection. Quoique… Car au second tour en 2007, l’écart entre les deux candidats étaient juste de 2.1 millions de votes, ce qui n’est que trois fois plus que notre chiffre de 711 mille citoyens.

Ces premiers votants, dont certains ont peut être déjà une forte affinité politique, n’ayant jamais encore voté pourraient avoir une influence non négligeable sur l’issue finale de l’élection puisqu’ils pourraient compter pour un tiers des votes décisifs lors de second tour.

Si un candidat parvient à mobiliser ces nouveaux votes, cela ne lui garantira pas la victoire, mais les statistiques montre que cela lui donnerait un certains avantage.